01 / Récit / Catacombes de Paris
Rencontre amicale
Un soir, Bogdan est seul dans les catacombes de Paris. Il descend, invisible, solitaire et déterminé…
D'aucuns pensent que c'est un rat de bibliothèque, d'autres que c'est un animal… Les pauvres fous !
S'ils savaient vraiment, si seulement ils pouvaient comprendre, mais ils ne sont pas prêts…
Il marche au milieu des catacombes…
Il croise certains de ses frères de clan et rongeurs, ou inversement…
Après tout, oui, même les rats sont ses frères…
Lui, le rat de bibliothèque, lui, la mémoire du clan, lui, l'animal… Quelle bouffonnerie !
Ça fait trop longtemps que ça dure, mais on l'avait averti : « Tel sera ton lot, Bogdan, une voie de solitude et de mépris. »
En marchant, il se souvient comment tout a commencé. Il se souvient de la brûlure, il se souvient de la souffrance, puis tout s'efface. Il doit rester concentré sur son but. Ce soir est un grand soir !
Il arrive devant la porte, il se prépare. Il sait déjà comment tout va se terminer avant même que cela ne commence…
Il tape à la porte. Elle ouvre…
« Bonsoir, Bogdan, je suis ravie de te voir. »
« Moi aussi, Prévôt. »
« Mais entre. Comme tu me l'as demandé, j'ai mis à ta disposition certains des ouvrages les mieux gardés de Paris qui racontent la fameuse rencontre et le pacte qui lie les Lépreux et le Prince. »
« Merci, Prévôt. Et le rosaire ? »
« J'ai quelque chose ici, mais le principal est encore dans ma tête, Bogdan, et pour ta propre sécurité, je pense que tu devrais en rester là. »
« Quelle délicate attention, ma chère, mais ton avis ne m'intéresse pas… »
« Bogdan, que se passe-t-il ? »
Alors que Bogdan referme la porte derrière lui et la verrouille, il s'approche de l'étrange femme vampire…
« Je sais ce que tu ressens, ma chère : de l'inquiétude, des doutes, de la peur même. Mais rassure-toi, tu n'as rien à craindre. Je suis là pour t'aider à exaucer ton désir… Prendre la place de S.A.S… »
« Ah, tu plaisantais. J'ai cru un instant que tu allais me faire du mal. »
Bogdan fixe la Prévôt d'un regard froid et vide.
« BOGDAN ! Que veux-tu faire ? Tu ne vas pas t'en prendre à moi ? »
« Non, ma chère… »
Le regard ne cille pas.
« Bogdan ? Tu plaisantes ? »
« Oui… »
Son travail en bas était enfin terminé, mais la matière première était si abondante que les planches de bois avaient commencé à boire le surplus. Accroupi au milieu du carnage, il écouta avec délice le liquide s'infiltrer à travers les fissures du plancher. Un goutte-à-goutte régulier et lourd se mit à tambouriner sur le sol du salon en bas. Il imaginait sans peine la panique de l'idiot qui se trouvait en dessous, sentant cette pluie tiède et métallique lui tomber sur le visage. Dans un craquement sinistre, le plâtre lâcha, déversant son offrande rouge sur son visage impuissant.
« TOC TOC. »
« Quoi ? Qui est là ? Qui êtes-vous ? »
« C'est Yvan ! »
« QUI ? »
« Yvan pleuvoir ! »
HAHAHAHAHAHAHAHA…
Bogdan